Grosses chaleurs. Un air chaud presque suffocant s’est installé sur la région. Malgré ses 1 100 m d’altitude, mon village vertacomicorien, mais pas natal, transpire aussi à grosses gouttes, désespéré de voir autour de lui son vert légendaire virer au jaune en ce début août. L’Oisans serait-il plus frais ? Le tour du Paletas au départ de Confolens est sur la liste de mes envies. Alors je cède à mes envies. Cette balade que je couperai en deux mais qui se fait aisément à la journée sera un prétexte pour passer une nuit au frais si fraîcheur il y a a 1 800 m.
Le parking de la cascade de Confolens est désert lorsque j’y pose la voiture en fin d’après midi. La montée à la cabane de la Selle devient vite un chemin de pénitence ; la chaleur est aussi lourde que le sac qui m’accompagne. Entre lui et moi un désaccord irrémédiable s’installe définitivement malgré un poids restreint pour cette unique nuit de bivouac. Puis la pierraille se transforme en une jolie forêt de sapins et finalement, au détour d’un lacet, la cabane enfin montre un bout de son toit.
La source, toute proche est la bienvenue. D’abord pour se réhydrater, ensuite pour y rafraîchir la canette de bière, récompense indispensable à ces efforts démesurés, que je boirai sans scrupule sous les yeux envieux de deux jeunes couples arrivés peu avant moi du Lauvitel.
Les emplacements de bivouac ne sont pas exceptionnels si on veut rester proche de la source et de la cabane. Je choisi finalement un petit promontoire sous des arbres. Le repas du soir sera préparé et consommé sur la table de cet abri bien sympathique. Le lendemain, la table extérieure sera bien pratique pour le petit déjeuner.
Nuit chaotique. D’abord le vent, chaud avec de violentes rafales. Une sorte de thermique descendant furieusement des sommets. Et puis, toujours en quête d’un meilleur confort, j’entreprends au milieu de la nuit un léger dégonflage de mon matelas. Rien ne sera léger dans cette affaire. Résultat, un matelas complètement à plat et une frontale que je découvre avec une batterie vide. Toutes ces conneries sont-elles raisonnables passé un certain âge ?
Bien avant le lever du jour, j’opte pour une fuite stratégique : fin du supplice bivouaqueur et utilisation des heures fraîches pour passer le col du Paletas dont la vue est magnifique et redescendre par un vallon sauvage à la voiture. Fin de la virée à 9 h 30.
Pendant ce temps, le cinglé de l’Élysée se fait photoshoper les biceps sur un jet ski pas électrique. Il reprends certainement des forces avant la prochaine démolition commandée par ses maîtres.










